La marmotte est l'une des vedettes de l'été en montagne. Réintroduite dans les Pyrénées au XXe siècle à partir d'animaux venus des Alpes, elle est devenue l'un des mammifères les plus faciles à observer, à condition de savoir où poser le regard. Cette fiche explique sa vie en colonie, son long sommeil d'hiver et la façon de la regarder sans lui nuire.
Une colonie sous les pelouses
La marmotte vit en famille, dans des terriers qu'elle creuse elle-même dans les pelouses d'altitude, souvent sur des pentes ensoleillées et bien drainées. Ces terriers forment un réseau de galeries et de chambres, avec plusieurs entrées, et plusieurs familles voisines constituent ce que l'on appelle une colonie.
Herbivore, la marmotte passe l'été à brouter herbes, fleurs et feuilles. Elle doit manger beaucoup, car la bonne saison est courte : tout ce qu'elle stocke sous forme de graisse sera consommé pendant l'hiver. Un animal sans cesse dérangé passe moins de temps à se nourrir, ce qui peut peser lourd sur sa survie.
Un sommeil de plusieurs mois
Dès l'automne, la famille s'enferme dans un terrier d'hiver dont elle bouche les entrées, et elle y hiberne jusqu'au printemps : le corps fonctionne au ralenti, la température baisse, le cœur bat lentement, et les réserves de graisse font toute la différence. Les membres de la famille dorment serrés les uns contre les autres pour mieux conserver la chaleur.
Au retour des beaux jours, les marmottes sortent amaigries, et les jeunes de l'année apparaissent généralement au début de l'été.
Le sifflement d'alerte et la menace du ciel
Pendant que la colonie broute, une marmotte reste souvent dressée sur ses pattes arrière : elle fait le guet. À la moindre alerte, elle lance un sifflement aigu qui résonne dans le cirque. En quelques secondes, toutes les marmottes filent vers les terriers, et les pelouses semblent soudain vides.
La principale menace vient du ciel. L'aigle royal compte la marmotte parmi ses proies, et le renard peut s'en prendre aux plus jeunes. Elle est ainsi un maillon de la chaîne alimentaire de la haute montagne. Les rapaces qui la chassent, ou qui survolent les mêmes pentes, sont présentés dans l'article sur les rapaces des Pyrénées.
Où et comment l'observer
La marmotte se voit de la fin du printemps au début de l'automne, sur les pelouses et les éboulis au-dessus de la forêt, là où le terrain est ouvert et ensoleillé. Elle est souvent plus active le matin et en fin de journée, et se réfugie au terrier aux heures chaudes ou par mauvais temps. Les mêmes prairies abritent parfois l'isard, et la plupart des itinéraires de randonnée offrent une chance de la croiser.
Quelques règles simples protègent les animaux.
- Ne la nourrissez jamais : le pain, les biscuits ou le fromage nuisent à sa santé, lui font perdre sa méfiance naturelle et la rendent dépendante des visiteurs.
- Gardez vos distances : si elle siffle ou se redresse, vous êtes trop près.
- Restez sur le sentier et ne marchez pas sur les terriers ni sur leurs abords.
- Tenez compte des chiens : ils ne sont en principe pas admis dans le cœur du parc, et ailleurs ils doivent rester sous contrôle.
Ces règles peuvent évoluer ; vérifiez-les auprès du parc ou de la mairie avant de partir. Pour situer la marmotte parmi les autres animaux de la montagne, la page sur la faune du parc propose une vue d'ensemble.
À retenir
- Réintroduite au XXe siècle à partir d'animaux venus des Alpes, la marmotte vit en colonie dans des terriers.
- Elle hiberne en famille de l'automne au printemps, grâce aux réserves de graisse de l'été.
- Son sifflement signale un danger, notamment l'aigle royal ; s'il retentit à votre approche, reculez.
- Ne jamais la nourrir, ne pas s'approcher, rester sur les sentiers.



