Le Parc national des Pyrénées est né en 1967, à une époque où l'on s'inquiétait du sort de la faune sauvage et de la montagne elle-même. Aujourd'hui encore, son histoire et sa géographie éclairent ce que l'on y voit : une frontière, des vallées parallèles, des cirques creusés par les glaciers, des estives entretenues par les troupeaux.
1967 : protéger la montagne vivante
Dans les années qui précèdent la création du parc, l'isard, symbole de la chaîne, avait nettement reculé, et d'autres espèces de montagne étaient fragilisées. Des projets d'aménagement en altitude pouvaient aussi menacer des paysages restés très préservés. Le sentiment grandissait qu'il fallait mettre en réserve une partie de ce patrimoine avant qu'il ne soit trop tard.
La création d'un parc national répondait à cette double préoccupation : préserver les animaux, les plantes et les paysages d'un espace précis, tout en permettant au public de le découvrir. Le pastoralisme, très ancien dans ces vallées, est resté présent dans le territoire du parc, et il fait partie de son identité.
D'ouest en est, une longue frontière
Le parc s'étire sur une centaine de kilomètres le long de la frontière espagnole, à cheval sur deux départements, les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées. De l'ouest vers l'est se succèdent les vallées d'Aspe, d'Ossau, d'Azun, de Cauterets, de Luz-Gavarnie et d'Aure, auxquelles s'ajoute le Louron. Le tour des vallées de ce guide les présente une à une.
Le Vignemale, plus haut sommet des Pyrénées françaises, culmine à environ 3 300 m, tandis que le Pic du Midi d'Ossau, d'environ 2 880 m, domine l'ouest. Le relief grimpe vite depuis les piémonts jusqu'aux crêtes frontalières, d'où des paysages étagés : forêts, estives, éboulis, roche nue.
La géologie raconte la même histoire. La chaîne est née de la collision des plaques ibérique et européenne ; des calcaires y côtoient des granites, et les glaciers ont ensuite sculpté cirques et vallées en auge. Ce récit est développé dans l'article sur l'histoire géologique du site Pyrénées-Mont Perdu.
Un voisin espagnol et un label mondial
De l'autre côté de la frontière s'étend le parc national d'Ordesa y Monte Perdido, en Espagne. Les deux espaces protégés se font face de part et d'autre de la crête, et partagent les mêmes grands ensembles de montagne, des cirques calcaires jusqu'aux pâturages d'altitude.
En 1997, le site « Pyrénées – Mont Perdu », commun à la France et à l'Espagne, a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Il est reconnu à la fois pour la qualité de ses paysages naturels et pour sa culture pastorale, ce qui en fait un bien mixte, naturel et culturel. Cette inscription est une reconnaissance internationale, distincte du statut de parc national : elle ne remplace pas la réglementation du parc. Les richesses du site sont réunies dans la page consacrée au patrimoine naturel et culturel.
La réforme de 2006
Une loi de 2006 a refondu le cadre des parcs nationaux français. Auparavant, on parlait de zone centrale et de zone périphérique ; on distingue désormais le cœur du parc, espace de protection renforcée, et l'aire d'adhésion, constituée des communes qui choisissent de s'associer au projet. Ces communes s'appuient sur une charte, document qui fixe des objectifs communs de protection et de développement durable.
Cette réforme a donné plus de poids aux élus et aux acteurs locaux dans la vie du parc. Pour comprendre comment l'ensemble fonctionne aujourd'hui, la page sur l'organisation et les missions d'un parc national en donne les grandes lignes.
À retenir
- Le parc date de 1967 et longe la frontière espagnole sur une centaine de kilomètres.
- Aspe, Ossau, Azun, Cauterets, Luz-Gavarnie, Aure : une succession de vallées d'ouest en est.
- Le site Pyrénées – Mont Perdu, partagé avec l'Espagne, est inscrit à l'UNESCO depuis 1997.
- La réforme de 2006 a installé le cœur, l'aire d'adhésion et la charte.



