Le bouquetin ibérique est un grand caprin de montagne, reconnaissable aux longues cornes du mâle. Une sous-espèce, le bouquetin des Pyrénées, était autrefois présente sur les deux versants du massif ; elle s’est éteinte au début des années 2000. À partir du milieu des années 2010, des bouquetins ibériques ont été relâchés dans les Pyrénées françaises et retrouvent peu à peu des falaises qu’ils avaient quittées.
Un animal que l’on reconnaît de loin
Le mâle porte de grandes cornes en forme de lyre, qui s’écartent vers le haut et l’extérieur et sont marquées de reliefs transversaux. Elles poussent toute la vie : plus l’animal est âgé, plus elles sont longues. La femelle, plus légère, n’a que des cornes courtes et fines. Le pelage est brun-gris, plus épais en hiver.
Ne le confondez pas avec l’isard, plus petit, dont les cornes courtes se terminent en crochet. Le bouquetin est nettement plus lourd et plus massif. Il ne faut pas non plus le mélanger avec le bouquetin des Alpes, une autre espèce, aux cornes plus épaisses et plus nettement incurvées vers l’arrière : les animaux lâchés dans les Pyrénées sont des bouquetins ibériques, issus de populations espagnoles.
Une vie de groupe sur la roche
Le bouquetin ibérique fréquente les versants rocheux et les falaises, où il trouve des vires herbeuses et un refuge contre ses prédateurs. Grimpeur remarquable, il franchit sans effort des pentes qui paraissent inaccessibles. Il broute des herbes, des feuilles et des pousses d’arbustes.
Femelles et jeunes forment des groupes ; les mâles adultes vivent souvent à part une grande partie de l’année et ne rejoignent les femelles que pour le rut, à la fin de l’automne et au début de l’hiver, avec des affrontements de cornes. Les naissances ont lieu à la fin du printemps. En hiver, les animaux recherchent volontiers des versants ensoleillés où la neige est mince.
De la disparition au retour
Le bouquetin des Pyrénées a décliné pendant des siècles. On en attribue généralement la cause à la chasse et au braconnage, auxquels s’ajoutent, selon les spécialistes, la concurrence avec le bétail et les maladies. Au début des années 2000, il avait disparu : l’extinction d’une sous-espèce a marqué les naturalistes de part et d’autre de la frontière.
Cette sous-espèce ne reviendra pas, mais l’espèce peut retrouver sa place dans les falaises du massif. Les bouquetins relâchés viennent d’autres massifs ibériques, et leur arrivée est suivie de près : colliers, comptages et observations permettent de savoir comment ils s’installent. La réussite d’une réintroduction se juge sur de nombreuses années. Le déroulement d’un lâcher est raconté dans l’article consacré à l’arrivée des bouquetins au Pont d’Espagne.
L’observer à distance
Les groupes restent localisés, notamment dans le secteur de Cauterets, et leurs déplacements évoluent : mieux vaut se renseigner auprès d’une maison du parc ou d’un office de tourisme avant de partir. Aucune observation n’est garantie.
Le matin tôt et en fin de journée sont les meilleurs moments, aux jumelles ou à la longue-vue, sur les versants rocheux ensoleillés. Gardez vos distances, restez sur les sentiers, ne nourrissez jamais les animaux, n’utilisez pas de drone et n’emmenez pas de chien dans le cœur du parc. Certains animaux portent un collier de suivi : cela ne justifie en rien de s’en approcher. Pour situer l’espèce parmi les autres habitants du massif, la page sur la faune du parc offre un panorama général.
À retenir
- Le mâle du bouquetin ibérique porte des cornes en lyre qui poussent toute sa vie.
- Le bouquetin des Pyrénées a disparu au début des années 2000 ; des bouquetins ibériques sont relâchés depuis le milieu des années 2010.
- Il vit en groupes sur les falaises et les versants rocheux, avec un rut en fin d’automne.
- On l’observe de loin, sans nourrir ni approcher les animaux.



