Parmi les espèces de la faune du parc, peu vivent aussi haut que le lagopède alpin. Ce cousin du grand tétras passe sa vie au-dessus de la limite des forêts, là où l’hiver est long et le vent constant. Dans les Pyrénées, il forme une population isolée, appartenant à une sous-espèce propre au massif, que l’on présente souvent comme un vestige de la dernière glaciation. On l’appelle aussi perdrix des neiges.
Un plumage qui suit les saisons
Le lagopède change de tenue plusieurs fois par an. En hiver, il est presque entièrement blanc, ce qui le rend quasi invisible sur la neige ; seules quelques plumes de la queue restent sombres. En été, son plumage se parsème de taches grises et brunes et se confond avec les pierres et les lichens. Au printemps et à l’automne, il porte une livrée mêlée de blanc et de brun.
Ses pattes sont emplumées jusque sous les doigts, ce qui isole du froid et agit comme une raquette sur la neige. Il se nourrit de bourgeons, de feuilles, de baies et de graines ; en hiver, il se rabat sur les rameaux d’arbrisseaux nains qui affleurent la neige. Pour passer les nuits glaciales, il peut se creuser un abri dans la neige.
Vivre au-dessus de la forêt
Le lagopède occupe les éboulis, les crêtes, les pelouses rocheuses et les combes à neige situés au-dessus de la limite des arbres. Il partage ces hauteurs avec l’isard, la marmotte et l’aigle royal, mais il s’en distingue par sa discrétion. À l’inverse du grand tétras, lié aux forêts de montagne, il ne descend que rarement sous les arbres.
Son camouflage est sa principale défense face à l’aigle royal, au renard ou à l’hermine. Plutôt que de fuir de loin, il reste souvent immobile, puis s’envole au dernier moment en un vol bas et rapide.
Un hiver rigoureux, des menaces discrètes
L’hiver en altitude est un exercice d’économie d’énergie : nourriture rare, froid, vent, nuits longues. Chaque envol forcé coûte des calories que l’oiseau ne retrouve pas facilement. Les dérangements répétés, notamment par les skieurs de randonnée et les adeptes de raquettes qui coupent les crêtes ou les combes, peuvent donc le fragiliser. La page sur l’hiver, les raquettes et la quiétude détaille les bons réflexes.
Le changement climatique ajoute une inquiétude. Quand la neige tarde ou fond tôt, un oiseau tout blanc se détache sur un sol nu et devient plus visible pour ses prédateurs. Des câbles de remontées mécaniques, dans certains secteurs aménagés, peuvent aussi provoquer des collisions. Comme pour d’autres espèces d’altitude, les effectifs sont délicats à estimer en montagne : mieux vaut se méfier des chiffres précis.
Le repérer en été, sans le déranger
En été, on cherche le lagopède sur les éboulis et les pelouses rocheuses au-dessus de la forêt, tôt le matin ou en fin de journée, quand il est plus actif. Il trahit parfois sa présence par un cri rauque. Avancez lentement, scrutez les pierres aux jumelles : un oiseau immobile ressemble à un caillou, et c’est souvent son mouvement qui le révèle.
Gardez vos distances. Si vous tombez sur une femelle accompagnée de poussins, contournez largement et poursuivez votre chemin. Restez sur les sentiers, ne cherchez pas à photographier de trop près et tenez les chiens à l’écart : ils ne sont en principe pas admis dans le cœur du parc. Les règles et les zones de quiétude peuvent évoluer, à vérifier auprès du parc ou de la mairie avant de partir.
À retenir
- Le lagopède alpin pyrénéen est blanc en hiver, tacheté de gris et de brun en été.
- Il vit au-dessus de la limite des arbres, sur éboulis et pelouses rocheuses.
- Le dérangement hivernal et le climat qui se réchauffe comptent parmi ses principales menaces.
- En été, on l’observe de loin, aux jumelles, sans quitter les sentiers.



